BRUXELLES 24/02 – MediQuality, plateforme numérique dédiée aux professionnels de la santé du Benelux qui compte 52.000 membres et fait partie du groupe Medscape, a récemment réalisé le volet belge d’une enquête internationale en ligne sur le burn out et le mode de vie auprès des médecins. Les questions étaient basées sur des études internationales et ont été validées par le Pr Lode Godderis, spécialiste belge du burn out et CEO du groupe IDEWE, qui se focalise sur la prévention et la protection au travail.

Sur les 698 questionnaires reçus, les analystes en ont retenu 501 complets et valides. 64% d’entre eux émanaient de médecins généralistes et 36% de spécialistes. L’enquête portait principalement sur la charge de travail et le sentiment d’épuisement (ou burn out) des médecins, mais aussi sur les conséquences possibles : dépression, pensées suicidaires. Il y avait également une partie consacrée au sujet du mode de vie des médecins (sport, vacances, consommation d’alcool et de tabac…). La plupart des médecins qui ont répondu à l’enquête, ont manifesté des plaintes de burn out.

Quarante à cinquante heures de travail par semaine… voire plus

Il n’est pas surprenant de voir des médecins travailler plus de 50 heures par semaine : 27% d’entre eux déclarent travailler de 51 à 60 heures par semaine, et 21% plus de 60 heures par semaine.

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, 47% des médecins ont vu leur charge de travail augmenter. Parmi ceux qui ont déclaré travailler davantage, l’augmentation est de plus de 5 heures par semaine pour au moins la moitié des répondants, dans certains cas, elle atteint plus de 10 heures (17%), voire plus de 20 heures (7%). À l’inverse, plus de 26% des médecins ont vu leur charge de travail réduite pendant la pandémie. Souvent, il s’agissait d’une réduction forcée, au moment où les autorités ont décidé de reporter les activités médicales non essentielles ou non urgentes.

Épuisement et burn out

Résultat : 68% des répondants se sont sentis parfois (34%), souvent (28%) ou toujours (6%) épuisés. L’enquête a eu lieu du 13 octobre au 28 décembre, c’est-à-dire au cœur de la deuxième vague de la pandémie. Avec à la clé des symptômes ou des plaintes de burn out pour 88% des répondants.

C’est la surcharge administrative qui est considérée comme particulièrement problématique. En effet, 57% des médecins ont indiqué qu’elle constituait la cause principale des symptômes de burn out. Nous retrouvons aussi, dans cette même catégorie les règles fixées par les autorités (33%), le volume de travail (32%) et l’informatisation dominant la pratique (29%).

Parmi les solutions possibles, les médecins évoquent moins de réglementation (36%), plus de temps pour les patients et moins pour les aspects financiers (28%), une gestion plus facile des horaires et des gardes (23%), davantage de respect sur le lieu de travail (22%).

Les conseils de Lode Godderis, spécialiste du burn out

« Pour les médecins travaillant en milieu hospitalier, il est également conseillé de revoir les horaires et le temps de travail, et de s’accorder en termes de prévisibilité des horaires, de flexibilité et de limites. Il s’agit d’un exercice difficile mais avec quelques interventions, comme une définition claire des tâches, une mise à disposition des grilles-horaires en temps utile, l’élaboration d’une procédure de remplacement ou d’un régime de travail à temps partiel, on peut souvent éliminer beaucoup de pression. »

L’introduction d’un système de coaching, qui permet aux médecins et aux infirmières d’avoir une rétroaction immédiatement disponible en cas de problème, peut également être un moyen de réduire la charge émotionnelle.

Les médecins demandent peu d’aide… mais sont néanmoins heureux

Si la moitié des médecins n’envisagent pas de demander de l’aide d’un professionnel, tel qu’un psychologue, il est positif de constater que 73% de ceux qui présentent des signes de stress ou de burn out sont tout de même favorables à des programmes de soutien pour traiter ce problème et près d’un tiers des médecins seraient intéressés d’y participer.

En fait, les médecins essaient de « s’aider eux-mêmes », par exemple par la pratique du sport. Près d’un médecin sur cinq (18,3%) le fait presque quotidiennement, et 35% le font 2 à 3 fois par semaine. Seuls 13,7% disent ne pas faire d’exercice physique.

Les médecins adoptent donc de nombreux comportements positifs et bénéfiques pour réduire leur stress (pratiquer une activité physique, en parler avec leur entourage, se reposer, s’accorder le temps d’une promenade, etc.), bien que l’enquête ait également révélé des « aveux » tels que la (sur)consommation d’alcool (14%), la malbouffe (8%), la (sur)consommation de médicaments (8%) ou de tabac.

Une note positive…

Malgré un certain degré d’anxiété et de perte de plaisir lié au Covid-19, nombre de médecins interrogés sur leur vie personnelle ont déclaré se sentir assez heureux, heureux ou même très heureux (65,5%), tandis qu’une minorité d’entre eux s’estimaient assez malheureux, malheureux ou très malheureux (18,9 %).

En conclusion, le Professeur Steven Laureys, neurologue, explique : « Les autorités ne peuvent plus rester sourdes aux appels à l’aide des médecins. Il faut traiter le problème de la surcharge administrative. Les médecins qui éprouvent des symptômes de stress et de burn out doivent pouvoir disposer d’outils pour améliorer leur résilience. Pour de nombreux médecins, prendre soin d’eux-mêmes ne fait pas partie de leurs préoccupations, et cela ne leur a pas été enseigné au cours de leur formation médicale. En collaboration avec les politiques, les universités et les centres de formation, nous pouvons y remédier. »

Lien : les résultats de l’enquête au sujet du burn out et des conditions de vie.

À propos de MediQuality

MediQuality est un service en ligne réservé aux professionnels de la santé. Cette plateforme numérique met à disposition de ses membres des informations de nature socio-professionnelle et médicale, des formations médicales continues (sur MediQuality Academy) ainsi qu’un ensemble d’outils et de services utiles à l’exercice de leur profession. Créée en 2000, MediQuality fait partie depuis août 2018 du groupe international WebMD/Medscape, première plateforme numérique pour les professionnels de la santé dans le monde. 

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Contact :

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